<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>4fois21</title>
	<atom:link href="http://4fois21.com/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://4fois21.com</link>
	<description>Le quatrième pouvoir au 21e siècle</description>
	<lastBuildDate>Tue, 27 Dec 2011 20:15:05 +0000</lastBuildDate>
	<language>en</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.3.1</generator>
		<item>
		<title>Rapport Payette: le public au service des journalistes</title>
		<link>http://4fois21.com/2011/03/rapport-payette-le-public-au-service-des-journalistes/</link>
		<comments>http://4fois21.com/2011/03/rapport-payette-le-public-au-service-des-journalistes/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 01 Mar 2011 08:46:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Cayla</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://4x21.wordpress.com/?p=179</guid>
		<description><![CDATA[Bon, j&#8217;ai parfois tendance à rater les dates de tombées, même celles que je me fixe moi-même. Par exemple, comme avec le cas du rapport sur le journalisme et l&#8217;avenir de l&#8217;information au Québec, plus connu sous le nom de &#8230; <a href="http://4fois21.com/2011/03/rapport-payette-le-public-au-service-des-journalistes/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 13.0px 0.0px; text-align: justify; line-height: 19.0px; font: 12.0px Helvetica} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 13.0px 0.0px; text-align: justify; line-height: 19.0px; font: 12.0px Helvetica; min-height: 14.0px} span.s1 {letter-spacing: 0.0px} span.s2 {text-decoration: underline ; letter-spacing: 0.0px color: #0b22a2} --> <!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'; min-height: 15.0px} -->Bon, j&#8217;ai parfois tendance à rater les dates de tombées, même celles que je me fixe moi-même. Par exemple, comme avec le cas du <a href="http://www.etatdelinfo.qc.ca/nouvelle/divers/linformation-au-quebec-un-interet-public">rapport sur le journalisme et l&#8217;avenir de l&#8217;information au Québec</a>, plus connu sous le nom de « Rapport Payette ». Ce rapport a fait pas mal de bruit à sa sortie et, si ses recommandations sont prises en compte, plusieurs changements sont à prévoir dans le milieu de l&#8217;information au Québec.</p>
<p>Tel qu&#8217;en témoigne <a href="http://www.newswire.ca/fr/releases/archive/January2011/26/c5424.html">l&#8217;effusion</a> <a href="http://www.cyberpresse.ca/opinions/201102/24/01-4373686-journalistes-a-lheure-des-choix.php">de</a> <a href="http://www.ajiq.qc.ca/blogue/lajiq-appuie-le-rapport-du-groupe-de-travail-sur-le-journalisme-et-lavenir-de-linformation-au-quebec.php">réactions</a> <a href="http://www.ajiq.qc.ca/blogue/lajiq-appuie-le-rapport-du-groupe-de-travail-sur-le-journalisme-et-lavenir-de-linformation-au-quebec.php">positives</a>, pour plusieurs ces changements sont un pas dans la bonne direction. En effet, certaines propositions sont intéressantes, mais selon moi, d&#8217;autres le sont un peu moins. La création d&#8217;un réel observatoire du journalisme, d&#8217;un fonds de recherche et développement, le déploiement d’Internet haute vitesse en région sont des suggestions emballantes et bien venues. La création d’un statut professionnel, la mise en place d’avantages fiscaux pour les entreprises de presse existante, la formation des jeunes pour qu’ils comprennent mieux l’information le sont moins. Pourtant, ces propositions ne sont pas déraisonnables. Après tout, le statut professionnel ne serait pas contraignant (y adhère qui veut) et certaines dispositions visent à éliminer certaines lourdeurs (le journaliste qui doit actuellement être accompagné d’un avocat lorsqu’il se présente devant une cour contester une demande d’accès à l’information). Alors, pourquoi ai-je tant de réticences? Après mure réflexion, je réalise que mes objections au rapport tirent toutes leur origine du même point: l&#8217;absence du public, de son point de vue, de ses besoins et de compréhension fondamentale de l&#8217;usage qu&#8217;il fait des informations auquel il a accès.</p>
<p>En effet, ce qui me sidère le plus avec toutes ces discussion sur le journalisme et les nouveaux médias est l&#8217;absence coupable de consommateur de nouvelles. Certes, ce dernier est toujours présenté comme le bénéficiaire de l&#8217;acte journalistique (après tout, les journalistes ne réclament-ils pas leur légitimité de leur public?), mais son opinion n&#8217;est jamais réellement prise en compte. De plus, il faut se rendre à l&#8217;évidence, ce rapport est d&#8217;abord et avant tout un rapport par les journalistes (Dominique Payette est une ancienne journaliste de Radio-Canada), pour les journalistes. La majorité des intervenants sont des journalistes et lorsqu&#8217;il est question du public, de ses besoins ou de ses désirs, il est surtout question de manque d&#8217;information (pas de journalistes pour les servir!), de manque de connectivité (pas d&#8217;Internet, pas de journal en ligne!) et des difficultés liées à la mise en place de structures participatives (modérer les commentaires, c&#8217;est tellement de travail!). Ainsi, le rapport fait fausse route à un niveau fondamental: tout son argumentaire est bâti sur le postulat selon lequel la perte de confiance est le résultat d&#8217;une absence de règles professionnelles et d&#8217;une mauvaise compréhension du public du travail de journalistes. En somme, un ensemble de forces qui font en sorte que les journalistes ne sont plus capables de faire leur travail correctement et les recommandations visent à rééquilibrer le jeu en faveur des travailleurs de l’information.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Le journalisme, pour qui?</strong></p>
<p>À la décharge du comité de travail sur le journalisme et l’avenir de l’information au Québec, il faut dire qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un problème endémique au journalisme, à sa recherche et à sa pratique. Lorsque l&#8217;on remonte aux premières études ethnographiques effectuées sur le milieu de travail des journalistes dans les années 70 et 80 (Gans, Tuchman, Fishman) et même plus récemment (Stumper, 2000), l’on apprend que bien que le public est le destinataire du travail journalistique et bien que c’est de celui-ci que la profession tire sa légitimité, le point de vue du public n&#8217;est pas réellement pris en compte, il est même rejeté de la main. Ce sont les collègues, les supérieurs, la famille et autre proches qui servent à « prendre le pouls » et qui sont considérées comme plus représentatives par les journalistes que les enquêtes d&#8217;opinion.</p>
<p>Certes, les « métriques internet » commencent à influencer le jugement des journalistes (McGregor, 2007), mais ces dernières sont d&#8217;abord vu comme un outil de validation de leur propre évaluation plutôt qu&#8217;un outil pour mieux sonder et comprendre son public (MacGregor, 2007). Dans certains cas, je peux comprendre réticences. Après tout, si les articles les plus lus portent souvent Lady Gaga, le Canadien et la dernière tendance mode, il serait difficile de blâmer les journalistes concluent que leur public est composé d&#8217;une bande d&#8217;abrutis. Or, les choses ne sont pas si simples. Lentement, mais sûrement de nouvelles recherches commencent à démontrer que la mesure de l&#8217;audience est un exercice très périlleux. Un des étalons auquel l&#8217;on se réfère assez souvent est la nouvelle la plus lue, mais il en existe d&#8217;autres types: par exemple, les nouvelles les plus partagées (par courriel et sur différents réseaux sociaux), les plus commentées et les reprises par des blogues (seul le New York Times fait cette distinction, toutefois). Ces derniers ne mesurent pas toute la même chose et, par conséquent, ne veulent pas dire la même chose. De plus, leur signification (ce qu&#8217;il faut en retirer) n&#8217;est pas encore établi.</p>
<p>Prenons le cas des «nouvelles les plus lues». Il n&#8217;y a aucune « interférence » dans cet étalon: il s&#8217;agit des nouvelles les plus cliqués, c&#8217;est tout. Elle mesure la somme des nouvelles consommées par le lectorat. Par conséquent, cet étalon pourrait sembler être le plus « objectif ».  Toutefois, est-il le plus significatif? S&#8217;agit-il de la nouvelle qui me sera la plus utile dans ma vie de tous les jours ?  Rien n&#8217;est moins sûr. Ces chiffres peuvent-ils être comparés avec ceux tirés des autres cas d&#8217;utilisation? Encore là, il serait périlleux d&#8217;affirmer que oui. Je dois fait un petit coming out ici: il m’arrive de lire des nouvelles à potin, sur la dernière édition bikini de Sports Illustrated, sur le dernier choix vestimentaire de Michelle Obama, etc. Or, je continue ma lecture et c’est souvent d’autres nouvelles qui me restent à l’esprit. En somme, mon point est le suivant: la consommation d’information n’est pas un jeu à somme nulle. Si je lis une nouvelle insipide, cela ne veut pas nécessairement dire que je ne lis que ce genre de nouvelles.</p>
<p>De plus, le rapport lamente l’augmentation du soft news (sportives, culturelles, etc.), au détriment du hard news (socio-politique). Cependant, cette affirmation suppose aussi que mes intérêts sont statiques et qu’ils ne changent pas dans le temps. Or, une étude récente confirmait ce que nous savions tous déjà intuitivement: l&#8217;intérêt pour un type de nouvelle n&#8217;est pas statique, il évolue en fonction des événements tels que l’intérêt pour les nouvelles provenant du Moyen-Orient nous le rappelle avec force. Selon Boczkowski (2010), dans l&#8217;éventualité où un événement politique d&#8217;importance a lieu, l&#8217;intérêt des lecteurs s&#8217;aligne davantage avec celui des journalistes.</p>
<p>Les choses deviennent encore plus intéressantes lorsque l&#8217;on s&#8217;attarde aux autres indicateurs. Dans le cas des nouvelles les plus envoyées par courriel, il s&#8217;agit d&#8217;un échange entre deux personnes. Un cas d&#8217;utilisation typique serait: « Ah, je pense que cette nouvelle t&#8217;intéressera », clic! Il s’agit donc de confirmer un lien de sociabilité entre deux individus. Un autre pourrait être : « Tu as lu ça? C’est un scandale! Il faut faire quelque chose! », clic! Le même problème se présente lorsque l&#8217;on parle du social sharing,<a href="http://marketing.wharton.upenn.edu/documents/research/virality.pdf"> une étude</a> récente affirmait que les nouvelles les plus partagées étaient des nouvelles inspirantes et enrichissantes et que les mauvaises nouvelles l&#8217;étaient beaucoup moins. Pourquoi? Parce que l&#8217;acte de partager une nouvelle à un groupe était un acte de présentation de soi. Ainsi, un individu ne partage pas seulement une nouvelle parce qu&#8217;elle était bonne ou mauvaise ou même parce qu&#8217;elle est intéressante, mais aussi en fonction de ce que cet acte dit sur lui; et, après tout, personne ne veut être un héraut de malheur, alors l&#8217;on partage des nouvelles positives!</p>
<p>L&#8217;on observe donc une agence beaucoup plus grande de la part du lectorat que le simple acte de consommation de la nouvelle qu&#8217;on lui assigne dans le paradigme traditionnel repris tacitement dans le rapport Payette. N&#8217;est-ce pas là l&#8217;autre grande leçon que nous enseigne les médias sociaux, mais qui n&#8217;est elle aussi dans la rhétorique du groupe de travail. Non, je ne parle pas du « journalisme-citoyen » du remplacement des professionnels par des amateurs. Je parle plutôt de la fin de la nouvelle comme un produit fini. Du fait que la nouvelle devient un élément sur lequel le consommateur agit et interagit. Qui l&#8217;incite à chercher d&#8217;autres informations, à le partager, à la commenter.</p>
<p>À cet égard, il est intéressant de présenter une des conclusions de l&#8217;étude de Boczkowski citée plus tôt: la raison pour laquelle les lecteurs/consommateurs de nouvelles se tournent vers habituellement des nouvelles culturelles ou sportives plutôt que vers des nouvelles « d&#8217;intérêt public ». En somme, c&#8217;est tout simplement parce qu&#8217;ils se sentent impuissant face à l&#8217;information qui leur est présentée. Certes, ils comprennent ce qui se passent, mais ils ne comprennent pas nécessairement quelles sont les alternatives, quels sont les choix qui s&#8217;offrent à eux et quelles sont les conséquences potentielles de ces événements. Les nouvelles sportives ou culturelles offrent justement un début, une fin et s&#8217;inscrivent dans un continuum clair (qui va gagner la Coupe ou l’Oscar ?). Par ailleurs, dois-je souligner que ces conclusions rappellent étrangement celles du très commenté rapport de l&#8217;AP, <a href="http://www.ap.org/newmodel.pdf">A New Mode for News</a> ? Ainsi, cela ne veut pas dire que ces derniers sont des imbéciles, au contraire. C’est plutôt l&#8217;absence de contextualisation, d&#8217;explication, de remise en question, d’ouvertures vers le futur qui rend l’évaluation de l’importance cette nouvelle (et l’identification de ce que l’on peut ou doit faire) difficile pour le lecteur.</p>
<p><strong>Pour un journalisme au service du public</strong></p>
<p>Face au constat que la confiance envers les journalistes est en chute et que le produit déplaît, la solution préconisée par le rapport Payette est de mettre en place un code de déontologie et de former la jeunesse depuis la petite école. C’est, selon moi, prendre le problème à l’envers. Une partie du problème est dans l&#8217;offre et pas seulement parce que les pratiques professionnelles se seraient détériorées. Il faudrait essayer de comprendre où se trouve le problème et quels éléments de l’offre actuelle ne plaisent pas aux lecteurs. Et, n&#8217;en déplaise aux journalistes, il qu’il existe déjà un « service  de nouvelles » qui pallie au manque de contexte qui afflige parfois la couverture des événements faite par les médias traditionnels et démontrent l&#8217;existence de cet appétit : Wikipédia. L&#8217;Associated Press (encore elle!) l&#8217;a bien comprit et essaye justement de remplacer l&#8217;encyclopédie collaborative comme source première de contexte <a href="http://www.niemanlab.org/2009/08/heres-the-ap-document-weve-been-writing-about/">par la mise en place de « landing pages » résumant les dernières nouvelles</a>. Après tout, <a href="http://voices.washingtonpost.com/plum-line/2010/05/who_woulda_thunk_it_fact-check.html">la vérification et la centralisation des informations à retenir est populaire</a>.</p>
<p>En somme, le fait que certaines expériences démontrent qu’il est possible de proposer de nouvelles manières de présenter les nouvelles sans sacrifier la qualité du contenu m&#8217;incite à réaffirmer quelque chose que nous savons tous instinctivement: la confiance et la fidélité n&#8217;est pas quelque chose qui se certifie, mais qui se construit.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&#8212;</p>
<p><strong>Références:</strong></p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; text-indent: -36.0px; font: 12.0px Helvetica} -->MacGregor, P. &#8220;Tracking the Online Audience.&#8221; <em>Journalism Studies</em> 8, no. 2 (2007): 280-98.</p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; text-indent: -36.0px; font: 12.0px Helvetica} -->Sumpter, RS. &#8220;Daily Newspaper Editors&#8217; Audience Construction Routines: A Case Study.&#8221; <em>Critical Studies in Media Communication</em> 17, no. 3 (2000): 334-46.</p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; text-indent: -36.0px; font: 12.0px Helvetica} -->Mitchelstein, E., and P.J. Boczkowski. &#8220;Online News Consumption Research: An Assessment of Past Work and an Agenda for the Future.&#8221; <em>New Media &amp; Society</em> (2010).</p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; text-indent: -36.0px; font: 12.0px Helvetica} --> <!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 36.0px; text-indent: -36.0px; font: 12.0px Helvetica} -->Boczkowski, P.J., and E. Mitchelstein. &#8220;Is There a Gap between the News Choices of Journalists and Consumers? A Relational and Dynamic Approach.&#8221; <em>The International Journal of Press/Politics</em> 15, no. 4 (2010): 420.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://4fois21.com/2011/03/rapport-payette-le-public-au-service-des-journalistes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Au voleur !</title>
		<link>http://4fois21.com/2009/12/au-voleur/</link>
		<comments>http://4fois21.com/2009/12/au-voleur/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 18:40:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Cayla</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[modèles économiques]]></category>
		<category><![CDATA[concurrence]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[environnement médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[publicité en ligne]]></category>
		<category><![CDATA[réseau de blogues]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://4x21.wordpress.com/?p=160</guid>
		<description><![CDATA[Hier, ProjetJ rapportait qu&#8217;une étude commandée par le « Fair Syndication Consortium » (qui regroupe 1500 médias sous la propriété d&#8217;Attributor) avait finalement réussi à quantifier la réutilisation, bien évidemment illégale souligne l&#8217;auteur, de contenu produit par les journaux. Aussi, selon &#8230; <a href="http://4fois21.com/2009/12/au-voleur/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Hier, <a href="http://projetj.ca/submitcomment.php?id=1983&amp;PHPSESSID=922cefd3d8663f66434cfe2b9988ff9c">ProjetJ rapportait</a> qu&#8217;<a href="http://fairsyndication.org/guidelines/USnewspapercontentreusestudy.pdf">une étude commandée par le « Fair Syndication Consortium »</a> (qui regroupe 1500 médias sous la propriété d&#8217;Attributor) avait finalement réussi à quantifier la réutilisation, bien évidemment illégale souligne l&#8217;auteur, de contenu produit par les journaux. Aussi, selon la même étude, ce sont des réseaux publicitaires comme Google et Yahoo! qui sont les grands gagnants (grand méchants?) de cette histoire. Autre preuve que les Rupert Murdoch de ce monde ont raisons de vouloir la peau du géant de Mountain View ! Personnellement, je n&#8217;embarque pas. En jetant un coup d&#8217;oeil rapide, il y a plusieurs points qui me dérangent et qui me poussent à questionner les prémisses de base, la méthodologie, et les conclusions.</p>
<p style="text-align:justify;">
<em><strong>1 — D&#8217;abord, à propos de la copie d&#8217;articles.</strong></em><br />
Les critères utilisés pour évaluer l&#8217;ampleur du « plagiat » sont quantitatif (+ de 80 %, — de 80 % ou moins de 125 mots). Il est vrai que compter le nombre de mots pour savoir quel pourcentage de l&#8217;article est accessible n&#8217;est pas inhabituel. Cependant, il s&#8217;agit d&#8217;une mesure fallacieuse parce qu&#8217;il est possible de résumer le contenu d&#8217;un article en quelques phrases. Un résumé pourrait (théoriquement) être aussi « dommageable » que la recopie intégrale de l&#8217;article. De plus, on considère implicitement qu&#8217;il est aussi répréhensible de publier le titre d&#8217;un article, un extrait ou de l&#8217;article au complet ce qui est complètement ridicule. J&#8217;imagine que c&#8217;est ce qui est avancé par les auteurs lorsqu&#8217;ils affirment que tous les articles ont au moins été utilisés 4,4 fois en tout ou en partie.<strong> Cependant, lorsque l&#8217;on examine plus sérieusement les chiffres, il appert que seulement 18 % des articles identifiés ont été recopiés intégralement.</strong> Oui, cela représente plus de 100 000 articles et il s&#8217;agit là d&#8217;un problème, mais le problème est d&#8217;un autre ordre.</p>
<p style="text-align:justify;">
Ensuite, il n&#8217;y a aucune mention de la notion de « <em>faire use </em>». Il ne faut pas oublier qu&#8217;<strong>au-delà du droit d&#8217;auteur existe la liberté d&#8217;expression</strong>. Celle-ci est d&#8217;autant plus fondamentale lorsque l&#8217;on parle d&#8217;<strong>information d&#8217;intérêt public.</strong> Considérer <strong>automatiquement</strong> que la republication d&#8217;un article en tout ou en partie est un acte illégal est réducteur et, à mon sens, très dangereux. Finalement, il n&#8217;y a aucune mention de l&#8217;usage de liens ou de trafic généré par ladite recopie. Si l&#8217;extrait d&#8217;un article incite les internautes à se rendre sur le site de l&#8217;auteur, il est très difficile qu&#8217;il y ait eu un « vol ». Or, le rapport ne contient aucune information à ce sujet. Le titre, un extrait ou l&#8217;article se trouve sur un site sans licence ? C&#8217;est du vol! Généralement, les choses ne sont jamais aussi claires que cela.</p>
<p style="text-align:justify;">
<em><strong>2 — Ensuite, en ce qui concerne les sites qui réutilisent le contenu des journaux.</strong></em><br />
On affirme que 38 % de ces sites appartiennent aux 100 000 obtenant le plus de trafic sur Internet et que 10 % sont des blogues. Or, en plus de ne pas fournir la liste, <strong>ils ne font aucune distinction entre le type de service offert par ces sites Internet</strong>. Ont-ils comptabilisé Facebook, Digg ou Del.icio.us? Aucune idée. Quelle est leur mission première ? Il manque beaucoup d&#8217;informations à ce sujet. Cependant, j&#8217;imagine que cela importe peu aux auteurs de l&#8217;étude puisqu&#8217;ils devaient vouloir surtout obtenir un gros nombre comme outil rhétorique.</p>
<p style="text-align:justify;">
<em><strong>3 — Finalement, en ce qui concerne la publicité.</strong></em><br />
Encore ici, l&#8217;usage de raccourcis est flagrant. Comment ont-ils procédé à l&#8217;évaluation des stratégies de monétisation? En identifiant le réseau publicitaire et en effectuant une simple opération arithmétique : l&#8217;addition. Or, pour pouvoir évaluer réellement l&#8217;ampleur de la « perte » subie par les journaux plus de granularité aurait été nécessaire. D&#8217;abord, il aurait été utile de savoir quel modèle publicitaire était utilisé : CPM (Coût par mille — impressions) ou CPC (coût par clic). Traditionnellement, les journaux fonctionnent avec les deux modèles tandis que les blogues (plus dépendants de Google) se contentent du CPC. <strong>Qu&#8217;est-ce que cela veut dire? Que si les internautes ne cliquent pas sur les publicités présentées en marge du contenu, les « voleurs » ne reçoivent rien. Dans une telle situation, à combien se chiffre le « vol »? 0 $</strong>. Et c&#8217;est qu&#8217;ici qu&#8217;en oeuvre la deuxième variable : la qualité de l&#8217;inventaire publicitaire. Google ne publie pas les mêmes publicités sur les mêmes sites. Oui, il effectue une analyse du contenu et tente de présenter des publicités « contextuelles », mais la compagnie procède aussi à l&#8217;évaluation des sites. Si un site reçoit des publicités de moindre qualité, il générera moins de clics. Par conséquent, dire que 53 % des sites « monétisent » le vol grâce aux publicités de Google ne veut absolument rien dire.</p>
<p style="text-align:justify;">
Quantifier le « vol » de contenu en ligne est important. Cependant, il faut le faire avec beaucoup plus de souci que l&#8217;on fait ces auteurs. De plus, pour l&#8217;instant, je ne suis pas sûr qu&#8217;essayer de faire un « crack Down » du Web soit nécessairement la solution à tous les problèmes des éditeurs&#8230;.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://4fois21.com/2009/12/au-voleur/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Plus rien n&#8217;est égal par ailleurs</title>
		<link>http://4fois21.com/2009/11/plus-rien-nest-egal-par-ailleurs/</link>
		<comments>http://4fois21.com/2009/11/plus-rien-nest-egal-par-ailleurs/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 16 Nov 2009 19:24:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Cayla</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[journalisme web]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouveau journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[nouveau journalisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://4x21.wordpress.com/?p=152</guid>
		<description><![CDATA[Alors, voilà, c&#8217;est déjà fini. La classe journalistique québécoise, réunie à Sherbrooke, est retournée chez elle après avoir discuté pendant trois jours de la « Sortie de crise ». A-t-elle trouvé des idées aussi intéressantes et salvatrices que le promettait le thème du &#8230; <a href="http://4fois21.com/2009/11/plus-rien-nest-egal-par-ailleurs/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Alors, voilà, c&#8217;est déjà fini. La classe journalistique québécoise, réunie à Sherbrooke, est retournée chez elle après avoir discuté pendant trois jours de la « Sortie de crise ». A-t-elle trouvé des idées aussi intéressantes et salvatrices que le promettait le thème du congrès ? Personnellement, j&#8217;en doute. Deux conférences et une plénière portaient spécifiquement sur cette question et les mêmes propos ont été tenus lors des ces trois séances : « le modèle est cassé, il faut tester de nouvelles choses », « la solution existe surement, mais nous ne l&#8217;avons pas encore trouvée », « les nouvelles sont importantes et elles méritent d&#8217;êtres sauvées », « il faut que les gens se mettent à payer, mais ils semblent voir pas voir de valeur à ce que l&#8217;on fait », etc. Bref, rien de bien nouveau. Rien de particulièrement différent de ce qui se dit partout à travers le monde depuis au moins deux ans.</p>
<p style="text-align:justify;">Malgré tout, ce congrès n&#8217;a pas été complètement inutile. Prendre le pouls de la profession, parler avec de jeunes journalistes et regarder plusieurs de nos professionnels de l&#8217;information se déhancher sur la piste de danse des marches du palais avec beaucoup moins de talent qu&#8217;ils en démontrent lorsqu&#8217;ils livrent leurs reportages n&#8217;est pas sans valeur. Non, je n&#8217;ai pas de photos. D&#8217;ailleurs, je ne suis pas sûr que faire chanter un journaliste soit une bonne idée&#8230; Blague à part, s&#8217;il y a une chose qui m&#8217;a étonné, c&#8217;est de la rigidité des journalistes au niveau professionnel : malgré leurs souhaits, les journalistes sont réfractaires aux changements, ils sont excessivement rigides. Le trois quarts des interventions portent sur le comment plutôt que sur le quoi. Je m&#8217;explique.</p>
<p style="text-align:justify;">Après avoir écouté leurs interventions et discussions pendant plusieurs jours, il me semble que le présupposé sur lequel l’on opère est similaire à ce vieil axiome tiré de la modélisation économique : <em>ceteris paribus</em>; toutes choses étant égales par ailleurs. Ainsi, consciemment ou non, ils ne cherchent pas le changement, ils cherchent à voir comment d’anciennes manières de faire peuvent être rentabilisées dans un nouvel environnement : toutes choses étant égales par ailleurs, comment allons-nous faire pour rejoindre ces nouveaux publics? Toutes choses étant égales par ailleurs, comment allons-nous utiliser ce nouveau canal de communication pour que nos contenus soient consommés davantage? Toutes choses étant égales par ailleurs&#8230; Or, bien qu’il soit encore difficile de comprendre la nature et l’impact engendrés par les nouveaux médias, il est indéniable que ces derniers amènent des changements considérables; plus rien n’est égal par ailleurs. Il se peut fort bien que les anciens modes de cueillette et de diffusion de l’information soient devenus inadéquats. Cependant, c&#8217;est justement sur ces manières de faire que les journalistes sont particulièrement frileux.</p>
<p style="text-align:justify;">Marshall McLuhan disait que nous avons trop souvent tendance à regarder vers l’avant à travers le rétroviseur (McLuhan, 2003). Bien que son œuvre soit souvent critiquée, sur ce point le gourou n’a pas tort, car comme nous l’enseigne la psychologie cognitive nous possédons des schèmes, des modèles de situation et des comportements, des scripts que nous utilisions pour savoir comment agir et réagir dans différents contextes. La conséquence est que nous appliquons d’anciennes manières de faire dans de nouvelles situations. Ce n’est que lorsque ces dernières deviennent inopérantes que nous cherchons de nouvelles solutions (Tijus, 2001). Ceci est aussi vrai pour des problèmes vécus dans notre quotidien que pour des domaines précis comme le journalisme. Cependant, cela ne devrait pas nous empêcher de tenter de le faire. De toutes les interventions, seule celle d&#8217;André Caron était novatrice. Il y exposait une nouvelle manière de voir le rapport entre le public et les médias grâce au raccourci « T.I.M.E ». Les différentes caractéristiques identifiées par le professeur sont matière à réflexion, car elles forcent les « producteurs » de contenus à considérer comment leurs futurs consommateurs (les jeunes de 18-25 ans) s&#8217;approprient leur contenu, l&#8217;utilisent, l&#8217;échangent, etc.</p>
<p style="text-align:justify;">À mon sens, la transition des médias analogiques vers les médias digitaux est un moment opportun pour se poser des questions beaucoup plus fondamentales. Cependant, à en croire les études et rapports portant sur l’interactivité et l’ajustement des médias aux nouvelles technologies de l’information et des communications, les organisations les plus « avancées » seraient celles qui proposent le plus grand nombre de fonctionnalités comme la possibilité de faire des commentaires, de lire les articles les plus lus ou de partager un texte sur Facebook ou Twitter (Bivings Group, 2008; Spyridou &amp; Veglis, 2008). Bref, l’adaptation web se fait par l’ajout de fonctionnalités qui, essentiellement, visent l’expérience d’utilisation du site d’informations plutôt que l’expérience de consommation (compréhension?) de la nouvelle. Regardons nos médias et nous verrons qu&#8217;ils s&#8217;inscrivent clairement dans cette tendance : les journaux publient leurs articles en ligne, les télédiffuseurs, leurs vidéos, et les radios, leurs émissions un peu comme ils le feraient traditionnellement; l’adaptation se fait en marge de ce contenu.</p>
<p style="text-align:justify;">Certains diront que cette critique est facile et que la persistance de vieilles habitudes ne devrait pas surprendre, ni être dénoncée, car nous ne connaissons les nouvelles et le journalisme qu’à travers ses « incarnations précédentes » que son le journal, la radio et la télé. Il est donc difficile d’imaginer comment cette activité pourrait être réalisée autrement et mieux intégrée avec les nouvelles pratiques en émergence. Eh bien, justement! Pourquoi n&#8217;essayons-nous pas de penser au journalisme du futur sans nous baser sur le journalisme du passé? Cet exercice est périlleux et peut sembler futile, trop large. Par conséquent, je propose une analogie qui servira à guider cette démarche. Pensons à la transition de l&#8217;analogique au digital comme une adaptation cinématographique.</p>
<p style="text-align:justify;">En effet, lorsque l&#8217;on adapte une oeuvre au cinéma, l&#8217;on n’essaie pas de faire une copie conforme de l&#8217;oeuvre originale. Les meilleures adaptations sont celles qui réussissent à cerner l&#8217;« essence » de l&#8217;oeuvre et à la réarticuler de manière convaincante à travers les « codes » du nouveau médium. M. Caron a déjà identifié certains changements découlant de l&#8217;usage de ces nouveaux codes. Il ne resterait qu&#8217;à les préciser et à identifier ce que constitue l&#8217;« essence » du journalisme. À quoi sert le journalisme? Que sont les nouvelles? Je ne parle pas ici de procédures (cueillette, présentation d&#8217;informations) ou des externalités positives (« punir les coquins »), mais de ce à quoi <em>sert</em> le journalisme. Qu&#8217;est-ce qui rend le journalisme absolument indispensable au fonctionnement de notre société? Il nous faut une définition qui inclut toutes les formes de nouvelles. J&#8217;ai moi-même quelques idées que j&#8217;exposerai dans d&#8217;autres billets. Cependant, j&#8217;aimerais avoir votre opinion auparavant.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://4fois21.com/2009/11/plus-rien-nest-egal-par-ailleurs/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>4</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Prendre de la merde et en faire du fumier pour nourrir les fleurs de la démocratie</title>
		<link>http://4fois21.com/2009/11/prendre-de-la-merde-et-en-faire-du-fumier-pour-nourrir-les-fleurs-de-la-democratie/</link>
		<comments>http://4fois21.com/2009/11/prendre-de-la-merde-et-en-faire-du-fumier-pour-nourrir-les-fleurs-de-la-democratie/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 22:01:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Cayla</dc:creator>
				<category><![CDATA[Humeur]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://4x21.wordpress.com/?p=144</guid>
		<description><![CDATA[Hier, j&#8217;avais écrit un billet en réaction à la chronique d&#8217;Yves Boisvert dans laquelle il s&#8217;en prenait aux gérants d&#8217;estrade. Par contre, je trouvais déplorable que les seuls « faits d&#8217;armes » servant à légitimer leur travail étaient d&#8217;avoir révélé &#8230; <a href="http://4fois21.com/2009/11/prendre-de-la-merde-et-en-faire-du-fumier-pour-nourrir-les-fleurs-de-la-democratie/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Hier, j&#8217;avais écrit un billet en réaction à la chronique d&#8217;Yves Boisvert dans laquelle il s&#8217;en prenait aux gérants d&#8217;estrade. Par contre, je trouvais déplorable que les seuls « faits d&#8217;armes » servant à légitimer leur travail étaient d&#8217;avoir révélé des scandales. Personnellement, je ne trouve pas que nous devrions être fiers d&#8217;êtres des « <em>brasseurs de marde</em> ». Bref, même si je ne remets pas en cause le travail des journalistes tel que le présente Boisvert, je considère que peu importe qui a raison, le public (et par extension la démocratie), lui, est perdant. Mettre à jour des scandales n&#8217;est qu&#8217;une partie du travail à faire; faire des synthèses, contextualiser, présenter des solutions possibles font partie de celle qui est trop souvent oubliée. Une amie et ancienne collègue de classe a pris le temps de répondre à mon texte. Je lui ai répondu dans la section des commentaires. Cependant, la réaction épidermique que la lecture de mon texte avait suscitée me laisse croire que le ton de mon texte a peut-être masqué le fond de mon propos. Ne voulant pas faire un Falardeau de moi-même, je prends donc le temps d&#8217;y revenir, de mieux esquisser ma critique et de proposer quelques pistes de réflexion.<br />
<span id="more-144"></span>
</p>
<h2 style="text-align:justify;">Le jeu des métaphores</h2>
<p style="text-align:justify;">Je le concède, qualifier les journalistes de <em>brasseur de marde</em> était quelque peu grossier. Certains y préféreront l&#8217;expression « chien de garde de la démocratie ». Cependant, là encore, j&#8217;y vois un leurre. Ou, du moins, toujours une trace d&#8217;incompréhension face à ce que devrait être le journalisme et, par extension, le rôle des journalistes. D&#8217;ailleurs, le fait que cette métaphore soit connue de tous ne la rend pas plus vraie. Dans un billet sur le blogue du Colombia Journalism Review, <a href="http://www.cjr.org/the_news_frontier/common_knowledge.php?page=all">Megan Garber rassemblait une multitude de métaphores assez répandues.</a></p>
<blockquote>
<p style="text-align:justify;">“the news” is notoriously difficult to define—and, so, to understand. The broad descriptions that feed our general comprehension of the news range, indeed, from the whimsical (“if a man bites a dog, it’s news”), to the practical (news happens “when the life of anyone…departs from ordinary paths, or when events worth telling about occur”), to the even more practical (news is “anything that interests a large part of the community and has never been brought to its attention before”), to the political (“what somebody somewhere wants to suppress”), to the polemical (“a reflection of the passions of the day”), to the poetical (“to see life steady and see it whole”), to the downright paradoxical (a “blend of chance and intention, normality and catastrophe, instrument and accident, expectation and surprise, narrative and interjection”). Et cetera</p>
</blockquote>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;existence d&#8217;un si grand nombre de métaphores et de définitions souligne à quel point, même s&#8217;il existe une forme de compréhension latente de ce que sont les nouvelles, il n&#8217;existe pas jusqu&#8217;à maintenant de consensus. Ceci est dû en partie au fait que ce que nous catégorisons comme étant une nouvelle vraie largement. Face à cette difficulté nous nous rabattons sur les expressions les plus claires comme celle de « chien de garde de la démocratie ». Cependant, selon moi, « chien de garde » est une très mauvaise métaphore. D&#8217;abord, parce que le chien de garde est réactif (il ne se met à japper qu&#8217;après que <em>les coquins</em> aient agi, qu&#8217;ils aient pénétré les lieux qui leurs étaient interdits). Ensuite, parce qu&#8217;ils fournissent très peu d&#8217;informations (les jappements n&#8217;informent que du fait que l&#8217;acte est en train de se dérouler. Il ne dit pas <em>pourquoi</em> des « coquins » ont décidé d&#8217;agir de manière malveillante&#8230; et « parce que les coquins sont méchants » est une très mauvaise explication). Finalement, elle place les journalistes à l&#8217;extérieur de la communauté qu&#8217;ils « protègent », alors qu&#8217;ils en font partie de manière indéniable et que les journaux (et autres médias d&#8217;information) sont un élément central de toute communauté. Pour reprendre l&#8217;expression de Robert Ezra Park, un journal est le lieu où la ville se raconte.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans son commentaire, mon amie soulignait que je confondais le rôle du journaliste et celui du politicien. C&#8217;est au politicien de proposer, le journaliste lui, ne se contente de rapporter ce qui est susceptible d&#8217;intéresser le public. Or, le politicien ne contrôle pas le média. Ce n&#8217;est pas lui qui communique directement au public. Il le fait par un intermédiaire, le journaliste. Certains diront que maintenant, grâce aux médias sociaux, il peut le faire. Cependant, la pratique n&#8217;est pas encre assez bien ancrée et les publics touchés ne sont pas aussi larges. D&#8217;ici là, les « médias traditionnels » ont encore le haut du pavé puisque ce sont eux que les citoyens lisent. Sachant cela, la responsabilité qui leur incombe est importante. Pour illustrer leur rôle, deux métaphores peuvent être mises à contribution. La première, de Robert Ezra Park, déjà paraphrasé plus haut. Le journal, plus qu&#8217;un flux d&#8217;information est le journal de bord de la communauté, il est à la communauté ce que les yeux sont à l&#8217;homme : ils servent à s&#8217;orienter. Moi-même, <a href="http://4x21.wordpress.com/2009/01/11/la-radio-annonce-la-tele-illustre-le-journal-met-en-perspective-et-le-web/">me prêtant à l&#8217;exercice boiteux de la métaphore,</a> définissait plutôt le journalisme comme l&#8217;acte de topo(quarto?) graphiter un domaine de l&#8217;activité humaine au quotidien ou à une quelconque autre fréquence. <em><strong>L&#8217;on retrouve dans ces deux métaphores des notions qui sont absentes de la première : la mémoire et le document de référence.</strong></em></p>
<h2 style="text-align:justify;">Journalisme de chicane vs journalisme d&#8217;information</h2>
<p style="text-align:justify;">Or, la mémoire et la centralisation sont deux éléments qui sont particulièrement négligés par les modes de production et de diffusion actuels : l&#8217;on augmente la cadence, cherchant absolument à être celui qui dit les choses en premier plutôt que celui qui les dit le mieux. L&#8217;obsession des flux et de la course à la primeur nous font oublier l&#8217;importance du contexte et de répondre à TOUTES les questions traditionnelles du journalisme : Qui? Quoi? Quand? Comment? Pourquoi?. L&#8217;on pourrait aussi en rajouter d&#8217;autres comme : Pour qui? D&#8217;ailleurs, cette course pour la primeur est d&#8217;autant plus effrénée que dans un contexte de crise, tous les médias et les journalistes se sentent contraints de démontrer leur pertinence. Dans un tel contexte, chacun doit contribuer sa part à la nouvelle, quitte à laissé pour compte.</p>
<p style="text-align:justify;">Comme je le soulignais dans mon dernier billet, lorsque les développements se succèdent avec une grande rapidité et que certaines allégations ne sont pas vérifiées avant d&#8217;être publiées (le fait de rapporter les allégations étant considéré comme étant suffisant), les journalistes deviennent des brasseurs de marde et tout le monde en sort perdant. D&#8217;ailleurs, Jay Rosen, professeur de Journalisme à NYU, a déjà pris le temps de souligner l&#8217;inefficacité du <a href="http://journalism.nyu.edu/pubzone/weblogs/pressthink/2009/04/12/hesaid_shesaid.html">journalisme du type « he said, she said »</a>. La seule chose qui nous reste en tant que lecteur à la fin du cycle tourbillonnant de nouvelles est une impression générale de ce que nous y avions lu. Dans le cas qui nous occupe : un goût de merde dans la bouche, une odeur nauséabonde dans le nez et une dégoût général de la politique dans la tête. Mon amie soulignait avec justesse que l&#8217;on ne peut pas parler de causalité, voir même de corrélation entre la couverture journalistique et le faible taux de participation. Cependant, lorsque l&#8217;on est rendue à comparer <a href="http://www2.macleans.ca/2009/10/29/montreal-is-a-disaster/">Montréal à Palerme</a>, l&#8217;on est clairement dans l&#8217;hyperbole comme le soulignait François Brousseau; il y a bien longtemps que l&#8217;on a quitté la réalité. Pour les médias dont la mission est d&#8217;informer, plutôt que d&#8217;échauder les esprits, ceci devrait être interprété comme un échec.</p>
<p style="text-align:justify;">Tel que souligné en début de section, une raison de cette dérive est le cycle de nouvelles qui fait en sorte qu&#8217;à la fin de ce dernier, bien peu se souviennent ce qui avait été dit au début. De plus, au fur et à mesure que chaque journaliste cherche à faire sa marque sur cette œuvre collective de reportage, ils se prennent à se concentrer sur le Qui et le Quoi, sur les détails scabreux au détriment des autres éléments importants. <em><strong>Il existe toutefois quelques solutions simples, du moins, sur Internet qui peuvent amoindrir les problèmes exposés ci-haut</strong></em>.</p>
<h2 style="text-align:justify;">Internet à la rescousse</h2>
<p style="text-align:justify;"><em><strong>D&#8217;abord, il se peut qu&#8217;il soit temps de cesser de voir l&#8217;article comme l&#8217;élément de base du processus journalistique.</strong></em> L&#8217;article est statique, redondant, séquentiel et s&#8217;accommode mal des mises à jour subséquentes. L&#8217;article est l&#8217;un des vestiges les plus tenaces de l&#8217;ère de l&#8217;imprimé. Avant de présenter l&#8217;alternative, <em><strong>j&#8217;irai encore plus loin : peut-être que le texte n&#8217;est pas la meilleure manière de communiquer de l&#8217;information</strong></em>. Après tout, par le choix des mots, un journaliste peut biaiser l&#8217;information. De plus, un texte à une longueur limitée (encore davantage sur Internet); il est difficile de faire le tour d&#8217;une question en 800 caractères ou moins. <em><strong>Peut-être que l&#8217;idéal serait de stocker les informations comme autant d&#8217;entrées dans une base de données</strong></em>. Lorsque l&#8217;on y pense, quoi de mieux qu&#8217;une collection d&#8217;informations structurées que l&#8217;on (l&#8217;utilisateur/lecteur) peut filtrer et trier comme journal de bord? De plus, en leur donnant une structure sémantique et logique, l&#8217;on pourrait aller chercher tous les éléments pertinents, peu importe le moment de leur publication ou leur auteur. Bref, au lieu de la séquence d&#8217;événements : Scandale, Labonté est acoquiné avec Accurso! Labonté démissionne! Scandale : les proches de Trembaly étaient au courant! Scandale : Labonté dit que tout le monde est dégueulasse! Scandale : Mme Intégrité n&#8217;est pas propre! J&#8217;aurais préféré savoir :</p>
<ul>
<li>Quel est le mécanisme de financement de chaque parti?</li>
<li>Quels partis acceptent les dons anonymes? Jusqu&#8217;à concurrence de combien?</li>
<li>Est-ce que les parties organisent des soupers qui coûtent 1000 $/place? Si oui, combien de fois en ont-ils organisé? Quelles sommes ont été recueillies lors de ces événements? À combien s&#8217;élève les dons moyens?</li>
<li>Si l&#8217;on connait-on l&#8217;identité des donateurs, appartiennent-ils à des firmes qui obtiennent des contrats de la Ville de Montréal?</li>
</ul>
<p>Pour chaque allégation, j&#8217;aurais aimé connaître :</p>
<ul>
<li>L&#8217;auteur de ces allégations</li>
<li>La nature de ces allégations</li>
<li>La possibilité de vérifier leur véracité et</li>
<li>savoir si elles sont vraies!</li>
</ul>
<p>À travers une telle présentation des informations, il aurait été plus facile pour moi, en tant que citoyen, de savoir ce qui se passait dans chaque et d&#8217;en tirer mes propres conclusions. J&#8217;aurais pu mieux comprendre la gravité des « crimes » de chacun, plutôt que de mettre tous les politiciens dans le même panier. En me donnant ces informations, les journalistes ne seraient plus des « brasseurs de merde », parce qu&#8217;ils me fourniraient les outils nécessaires pour agir. Que je puisse entrevoir des solutions potentielles plutôt que d&#8217;être assommé par la vitesse des révélations accablantes. J&#8217;ai toujours crû que les gens ne s&#8217;impliquent que lorsqu&#8217;ils voient des zones d&#8217;ombres, incomplètes qui leur permettent de croire que leurs gestes et leurs décisions pourraient réellement influencer le cours des événements. Lorsqu&#8217;une administration est trop parfaite ou lorsque tout est noir, nous nous retrouvons devant un monolithe, sentant qu&#8217;il n&#8217;y a rien à faire. Bref, pour revenir à mon titre, les journalistes ont le droit et ont le devoir de brasser de la merde. Cependant, la manière dont ils le font et ce qu&#8217;ils en font est tout aussi important que de la déterrée. En la manipulant avec assez de précautions, il serait possible de prendre cette merde pour en faire du fumier servant à nourrir les fleurs de la démocratie. Non, je ne crois pas que la politique sera parfaitement propre un jour, mais au moins nous saurons quoi faire.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://4fois21.com/2009/11/prendre-de-la-merde-et-en-faire-du-fumier-pour-nourrir-les-fleurs-de-la-democratie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>6</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les gérants d&#8217;estrades contre les brasseurs de merde</title>
		<link>http://4fois21.com/2009/11/les-gerants-destrades-contre-les-brasseurs-de-merde/</link>
		<comments>http://4fois21.com/2009/11/les-gerants-destrades-contre-les-brasseurs-de-merde/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 03:34:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Cayla</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://4x21.wordpress.com/?p=140</guid>
		<description><![CDATA[Alors, le texte de Boisvert contre les détracteurs de la Presse a fait jaser aujourd&#8217;hui. Bien qu&#8217;un ami m&#8217;en ait glissé un mot à l&#8217;heure du lunch, je ne l&#8217;avais pas lu jusqu&#8217;à ce soir et, par conséquent, ne sais pas &#8230; <a href="http://4fois21.com/2009/11/les-gerants-destrades-contre-les-brasseurs-de-merde/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alors, <a href="http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/yves-boisvert/200911/04/01-918150-gerants-destrades.php">le texte de Boisvert contre les détracteurs de la Presse</a> a fait jaser aujourd&#8217;hui. Bien qu&#8217;un ami m&#8217;en ait glissé un mot à l&#8217;heure du lunch, je ne l&#8217;avais pas lu jusqu&#8217;à ce soir et, par conséquent, ne sais pas trop ce qui s&#8217;est dit sur le sujet. Je ne veux pas remettre en question du travail journalistique dont parle Boisvert. Cependant, je sais que ne suis pas du tout d&#8217;accord avec sa défense et la conclusion implicite : <em>« chialez tant que vous voudrez, au moins on fait avancer les choses en “dénonçant les coquins”! <span style="color:#ff0000;"><span style="text-decoration:line-through;">Pis si les gens n&#8217;ont pas été voter, ce n’est pas de notre faute! On leur a dit ce qu&#8217;ils devaient savoir!</span></span> »</em></p>
<p>Eh bien, non, justement, il se peut que s’ils ne sont pas allés voter, ce soit peut-être de votre faute, de celle de vos collègues, et de votre « acharnement » collectif. <span id="more-140"></span>Bon, je conviens que cette accusation est un peu grossière. Cependant, pour autant que je sache, bien que les journalistes soient des « chiens de garde », leur première tâche est d&#8217;informer, pas de dégoûter, leur public. Exposer les malversations, certes, mais aussi exposer les solutions possibles. Ainsi, présenter le fait de pousser les autorités à faire des enquêtes et des rapports accablants ou de publier des révélations qui font qu&#8217;un maire soit obligé de virer ses numéros 1 et 2 en pleine campagne comme des faits d&#8217;armes témoigne d&#8217;une sévère incompréhension du rôle du journalisme. Ou, du moins de ses conséquences.</p>
<p>Je me souviens encore de mon cours de psychologie politique lors duquel le professeur nous présentait les différentes théories expliquant comment les électeurs faisaient leurs choix. Oh! Surprise! Très souvent, l&#8217;électeur n&#8217;était pas « rationnel », comme on le présente si souvent! Il usait plutôt de différentes stratégies comme la « triangulation », j&#8217;ai le candidat <em>x</em> et ce dernier aime la proposition <em>y</em>, donc je devrais aimer la proposition <em>y</em>. Cela ne veut pas dire qu&#8217;il usait <em>seulement</em> de cette stratégie pour faire son choix, mais plutôt que de telles stratégies étaient des « <em>aides à la décision </em>». Cependant, ce qui m&#8217;avait marqué davantage portait sur la formation de l&#8217;opinion. Très souvent, un électeur oubliait la (ou les) raisons spécifiques pour laquelle il épousait une position plutôt qu&#8217;une autre. Lorsque venait le temps de se comment agir, il parcourait sa mémoire et en retrouvait les grands traits et faisait son choix en conséquence; rien de systématique ou exhaustif. Pour faire image, si le cerveau de l&#8217;électeur est une soupe. Lorsque ce dernier en vient pour faire un choix, il la brasse un peu. En se basant sur les morceaux qui remontent à la surface, il détermine ce qu&#8217;il fera.</p>
<p>Revenons un instant sur la couverture des différents scandales. Quelle proportion de cette couverture était dédiée à des détails scabreux par rapport aux explications et aux solutions? A-t-0n nuancer suffisamment entre les « crimes » des candidats? Qui est plus propre, pourquoi? Sont-ils dignes de confiance? Y-a-t-il des contradictions dans leurs discours? Entre ce qu&#8217;ils disent et ce qu&#8217;ils font? Et leurs solutions, sont-elles bonnes, suffisantes? Lorsque les trois quarts des morceaux que l&#8217;on donne à nos lecteurs ne portent que sur des enveloppes brunes et sur le passé trouble d&#8217;un tel ou d&#8217;un autre, devrait-on s&#8217;étonner que lorsqu&#8217;ils brassent leur soupe, il ne leur vient à l&#8217;esprit que des odeurs putrides qui les poussent à fuir la politique? Ou à un relativisme douteux du genre « <em>Devil you know » </em>contre le<em> « Devil you don&#8217;t </em>». Expression d&#8217;ailleurs reprise par <a href="http://www.cyberpresse.ca/opinions/forums/200910/30/01-916859-oui-a-louise-harel.php">une chroniqueuse de son propre journal</a>! Bien sûr que non, et ce n&#8217;est surement pas un éditorial en fin de campagne électorale qui donnera à ce bouillon une odeur plus attrayante.</p>
<p>Tous les journalistes qui ont déterré ces scandales ont fait du très bon travail, du travail important, mais ils ne l&#8217;on fait qu&#8217;à moitié&#8230; Alors, arrêtez de vous péter les bretelles et retournez au travail!</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://4fois21.com/2009/11/les-gerants-destrades-contre-les-brasseurs-de-merde/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Retour en affaires</title>
		<link>http://4fois21.com/2009/09/retour-en-affaires/</link>
		<comments>http://4fois21.com/2009/09/retour-en-affaires/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 22 Sep 2009 04:22:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Cayla</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://4x21.wordpress.com/?p=136</guid>
		<description><![CDATA[Force est de constater que je ne suis pas un blogueur assidu. Un de mes problèmes doit être que je passe tellement de temps à ruminer des idées que , lorsque je suis prêt à écrire, le moment est déjà &#8230; <a href="http://4fois21.com/2009/09/retour-en-affaires/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Force est de constater que je ne suis pas un blogueur assidu. Un de mes problèmes doit être que je passe tellement de temps à ruminer des idées que , lorsque je suis prêt à écrire, le moment est déjà passé et je n&#8217;ai pas ajouté de ma perspective à la conversation ! J&#8217;ai donc décidé de changer les choses et de me mettre à blogueur avec un peu plus d&#8217;entrain et de rigueur&#8230; pour deux semaines !</p>
<p style="text-align:justify;">Blague à part, une autre raison pour laquelle je ne prend pas le temps d&#8217;alimenter ce blogue est que, d&#8217;habitude, je préfère publier quelque chose de complet et, si possible, de nouveau. Ceci qui requiert un temps considérable. Un temps que je n&#8217;ai pas. Par conséquent, j&#8217;ai décidé de transformer cet espace en lieu de réflexion un peu plus ouvert. Il y aura certains analyses plus poussées, plus complètes. Cependant, ces dernières se trouveront sous la catégorie très originale nommée « Analyses ». Les autres seront saupoudrées allègrement d&#8217;autres métatags et étiquettes selon le sujet du moment. Aussi, plutôt qu&#8217;être jaloux de mes idées jusqu&#8217;à temps qu&#8217;elles soient prêtes à être exposées. Je m&#8217;ouvre un peu plus à vous et à vos commentaires, qui que vous soyez. Au plaisir de discuter avec vous !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://4fois21.com/2009/09/retour-en-affaires/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les nouveaux souverains</title>
		<link>http://4fois21.com/2009/02/les-nouveaux-souverains/</link>
		<comments>http://4fois21.com/2009/02/les-nouveaux-souverains/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 27 Feb 2009 19:58:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Cayla</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>
		<category><![CDATA[Nouveaux médias]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://4x21.wordpress.com/?p=98</guid>
		<description><![CDATA[Aujourd&#8217;hui, Facebook tente de devenir plus démocratique. Cette décision est la conséquence d&#8217;une énième bourde de la part de la jeune compagnie.  Personnellement, la tournure des événements ne surprend pas : selon moi, les plateformes ne devaient être considérées comme &#8230; <a href="http://4fois21.com/2009/02/les-nouveaux-souverains/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;">Aujourd&#8217;hui, Facebook tente de devenir plus démocratique. Cette décision est la conséquence d&#8217;une énième bourde de la part de la jeune compagnie.  Personnellement, la tournure des événements ne surprend pas : selon moi, les plateformes ne devaient être considérées comme des « services » associés à des conditions d&#8217;utilisation restrictives, mais plutôt à des « territoires » où les utilisateurs-citoyens s&#8217;expriment et agissent. Mine de rien, les compagnies ne font que fournir le cadre, toute la « richesse »  (les interactions et le contenu) est le fruit des actions des utilisateurs. Ils peuvent donc légitimement sentir que le fruit de leur travail leur appartient.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans <a href="http://www.economie-numerique.com/divers/google-le-bon-souverain-du-net/">un billet</a> écrit sur le blogue du cours d&#8217;économie numérique de HEC Montréal, j&#8217;arguais justement que sans nécessairement se rendre jusqu&#8217;à l&#8217;ouverture totale, les compagnies devaient reconnaître qu&#8217;elles devaient sembler être « justes ». D&#8217;ailleurs, pour savoir comment agir, elles ne peuvent plus se fier aux anciennes manières de faire, mais se tourner vers d&#8217;autres disciplines pour obtenir des réponses. Par exemple, la science politique.</p>
<p style="text-align:justify;">Je lève toutefois mon chapeau à Facebook pour avoir été aussi loin. Traditionnellement, les compagnies privées étant réticentes à s&#8217;ouvrir, selon moi, s&#8217;assurer d&#8217;être un bon souverain plutôt qu&#8217;un tyran est déjà un pas dans la bonne direction. Facebook, fais le pas supplémentaire et, d&#8217;une certaine manière, se rapproche d&#8217;une philosophie 2.0 de cocréation. Je souhaite la meilleure des chances à la compagnie. Espérons qu&#8217;elle saura développer une bonne relation avec ses membres et que plus de transparence n&#8217;empêchera pas la compagnie de prendre des décisions d&#8217;affaires impopulaires, mais nécessaires&#8230;</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://4fois21.com/2009/02/les-nouveaux-souverains/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>La radio annonce, la télé illustre, le journal met en perspective&#8230; et le web ?</title>
		<link>http://4fois21.com/2009/01/la-radio-annonce-la-tele-illustre-le-journal-met-en-perspective-et-le-web/</link>
		<comments>http://4fois21.com/2009/01/la-radio-annonce-la-tele-illustre-le-journal-met-en-perspective-et-le-web/#comments</comments>
		<pubDate>Sun, 11 Jan 2009 23:44:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Cayla</dc:creator>
				<category><![CDATA[MétaJ]]></category>
		<category><![CDATA[Supports]]></category>
		<category><![CDATA[Adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[environnement médiatique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://4x21.wordpress.com/?p=88</guid>
		<description><![CDATA[Par Alexandre Cayla Comme je l&#8217;expliquais dans deux de mes derniers billets, le journalisme est tout une fonction (topographier la société humaine) qui prend différentes formes selon le support sur laquelle elle est exercée (la radio annonce, la télévision illustre, &#8230; <a href="http://4fois21.com/2009/01/la-radio-annonce-la-tele-illustre-le-journal-met-en-perspective-et-le-web/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Par Alexandre Cayla</strong></p>
<p style="text-align:justify;">Comme je l&#8217;expliquais dans <a href="http://4x21.wordpress.com/2009/01/06/les-4-defis-du-journalisme-web-1ere-partie/">deux de mes</a> <a href="http://4x21.wordpress.com/2009/01/06/les-4-defis-du-journalisme-web-2e-partie/">derniers billets,</a> le journalisme est tout une fonction (topographier la société humaine) qui prend différentes formes selon le support sur laquelle elle est exercée (la radio annonce, la télévision illustre, le journal met en perspective, par exemple). Ainsi, pour éviter de cannibaliser leur production (j&#8217;arrête d&#8217;acheter le journal puisque j&#8217;ai la même nouvelle en ligne) les organes de presse doivent identifier les forces et les faiblesses de chaque médium et élaborer une stratégie holistique au sein de laquelle chaque support présente de manière différente l&#8217;information sur un même sujet/événement. Comme la radio, la télé et les journaux existent depuis longtemps et que leurs « codes » sont déjà bien établis et compris, je me concentrerai sur les caractéristiques intrinsèques au Web.</p>
<h2 style="text-align:justify;"><span id="more-88"></span>Le temps</h2>
<p style="text-align:justify;">Le premier exemple est une nouvelle organisation qui vient d&#8217;ouvrir ses portes (vendredi !), <a href="http://globalpost.com">GlobalPost.com</a>. Ce qui est particulièrement intéressant de cette nouvelle initiative est sa structure (70 correspondants à travers le monde qui résident dans les pays) et le rapport au temps dans la production et la diffusion de nouvelles. En effet, on dit souvent que le temps qui existe dans l&#8217;industrie de l&#8217;information est celui du <strong>« BREAKING NEWS ! »</strong>. Aussi bien dire que le seul temps, c&#8217;est maintenant. Or, ce n&#8217;est le seul temps. Par exemple, Global Post oblige ses correspondants à ne produire qu&#8217;un très faible nombre de nouvelles par mois (4 ou 5) et elles ne doivent pas dépasser 800 mots. Or, en plus de ces articles de fond, les journalistes devront alimente un « carnet de journliste » sur les derniers développements dans un  pays ainsi que les « histoires » qu&#8217;ils suivent au jour le jour. Voici une présentation de la compagnie par son idéateur.</p>
<p style="text-align:justify;"><span style="text-align:center; display: block;"><a href="http://4fois21.com/2009/01/la-radio-annonce-la-tele-illustre-le-journal-met-en-perspective-et-le-web/"><img src="http://img.youtube.com/vi/h8Gjm2tKiQ4/2.jpg" alt="" /></a></span></p>
<p style="text-align:justify;">Ce qui est particulièrement intéressant est le fait qu&#8217;il y a deux temps <strong>parallèles </strong>: celui de la nouvelle et celui des carnets des pays. L&#8217;internaute peut naviguer d&#8217;une section à l&#8217;autre. Cependant, la leçon la plus importante est qu&#8217;il n&#8217;est plus possible de penser le produit du travail journalistique comme un produit fini, car c&#8217;est l&#8217;internaute qui choisi son parcours. Après avoir vu le clip d&#8217;une minute et demi, il est possible que l&#8217;internaute plonge dans les différentes analyses et les archives sur le même sujet. Dans le cas de Global Post, il n&#8217;y a que deux « temps ». Cependant, il est possible d&#8217;en avoir beaucoup plus.</p>
<p style="text-align:justify;">Finalement, présentant des « ébauches » de nouvelles, les journalistes peuvent bénéficier  des effets reliés <a href="http://onlinejournalismblog.com/2007/09/17/a-model-for-the-21st-century-newsroom-pt1-the-news-diamond/">aux nouvelles en tant que processus.</a> En effet, les carnets permettent une forme de liberté aux journalistes. Les dernières trouvailles, des débuts d&#8217;histoires, des éléments d&#8217;informations dénichés. Tous ces éléments peuvent être partagés sur cette page. Dans la mesure où le site permet une certaine interaction, il sera possible pour les journalistes de bénéficier des updates et de « filons » suggérés par des internautes.</p>
<h2 style="text-align:justify;">L&#8217;espace</h2>
<p style="text-align:justify;">Le coût de stockage d&#8217;informations est très faible en informatique de même que le coût d&#8217;affichage. Par conséquent, les limites d&#8217;espace (nombre de minutes limité par émission ou de caractères par page) sont obsolètes. Les organisations médiatiques ont donc tout intérêt à chercher à bénéficier de la<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Longue_tra%C3%AEne"> longue traine</a> en ramassant leur contenu en un lieu, en créant des sections dédiées (comme <a href="http://topics.nytimes.com/topics/reference/timestopics/subjects/m/mortgages/index.html">cet exemple</a> du New York Times) et en produisant des contenus de longueur différente pour chaque histoire. Idéalement, ceci se fait en réultilisant/s&#8217;inspirant d&#8217;articles ou de contenu déjà existant pour minimiser les coûts. On peut aussi penser à l&#8217;idée de redirection et de filtrage dont je parlais dans mon <a href="http://4x21.wordpress.com/2009/01/06/les-4-defis-du-journalisme-web-1ere-partie/">avant dernier billet</a>. Comme l&#8217;espace ne coûte rien, il est possible de créer des pages qui rassemble l&#8217;ensemble des ressources disponibles en ligne sur une question. Tout ceci implique une meilleure utilisation des archives et du capital de connaissances qui se trouve au sein de l&#8217;organisation de presse.</p>
<p style="text-align:justify;">Du côté utilisateur, l&#8217;espace peut avoir des implications intéressantes. Par exemple, en leur permettant de jouer avec le contenu, de se faire des listes de préféres, des dossiers de presse sur des sujets, etc (comme le <a href="http://timespeople.nytimes.com/home">TimesPeople</a>). À la délicious ou à la flikr, il serait possible de partager le résultat de ce travail. Les meilleurs « patch works» pourraient même être repris les journaux. À terme, ces entreprises pourraient même de mettre de l&#8217;avant un modèle de revenu « <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Freemium">freemium</a> ».</p>
<h2 style="text-align:justify;">La malléabilité de l&#8217;information</h2>
<p style="text-align:justify;">L&#8217;autre caractéristique du médium est que l&#8217;information peut être séparée du contenu et être présentée sous différentes formes. Le meilleur exemple est le contenu de ce billet. Il peut être lu directement sur ce blogue ou dans un lecteur RSS. Aussi, comme fondamentalement, il s&#8217;agit de 0 et de 1, il est possible d&#8217;effectuer des manipulations et d&#8217;analyser le contenu. Par exemple, faire une analyse lexicale et regrouper l&#8217;ensemble des textes traitant d&#8217;une même question. Voici <a href="http://techmeme.com/">quelques</a> <a href="http://marumushi.com/apps/newsmap/newsmap.cfm">exemples</a> de <a href="http://news.google.com/">manipulations</a> intéressantes.</p>
<p style="text-align:justify;">Les informations brutes sont encore plus « maléables ». Par exemple, les agents immobiliers Re/Max ont utilisé le <a href="http://www.gearthblog.com/blog/archives/2006/01/real_estate_for.html">logiciel Google Earth pour géolocaliser leurs offres</a>. Diretcment dans le domaine du journalisme, le New York Times a compris ce déplacement et est en train de développer plusieurs <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Interface_de_programmation">API</a> <a href="http://developer.nytimes.com/">pour des développeurs externes.</a> Les deux plus intéressantes sont : <a href="http://open.blogs.nytimes.com/2008/12/22/represent/">Reprensent</a> (permet aux citoyens de New York de suivre leurs représentants municipaux) et <a href="http://open.blogs.nytimes.com/2009/01/08/introducing-the-congress-api/">Congress</a> (suit les votes de chaque élu du 111e Congrès américain). L&#8217;organisation qui produit ces informations est triple. D&#8217;abord, si elle essai de se réinventer comme une plateforme, les utilisateurs de celle-ci ont beaucoup plus de marge de manoeuvre pour inventer. Ensuite, l&#8217;organisation peut voir de quelle manière sont utilisés ces informations et le reproduire sur leur propre site. Finalement, il est possible de faire plusieurs versions de ce flot d&#8217;informations et faire payer pour ceux qui sont plus « complets ».</p>
<p style="text-align:justify;"><em>À venir, la navigation&#8230;</em></p>
<p style="text-align:justify;"><strong>MÀJ  le 16 janvier</strong><em><br />
</em></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://4fois21.com/2009/01/la-radio-annonce-la-tele-illustre-le-journal-met-en-perspective-et-le-web/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Des idées pour le futur</title>
		<link>http://4fois21.com/2009/01/des-idees-pour-le-futur/</link>
		<comments>http://4fois21.com/2009/01/des-idees-pour-le-futur/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 07 Jan 2009 20:53:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Cayla</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme web]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouveau journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[Modèle d'organisation]]></category>
		<category><![CDATA[nouveau journalisme]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://4x21.wordpress.com/?p=85</guid>
		<description><![CDATA[Howord Rheingold donne cet hiver un cours à Stanford sur le digital journalism. Pour le plus grand plaisir du reste de la planète, il est possible d&#8217;avoir accès à la page wiki du cours. On y trouve des idées très &#8230; <a href="http://4fois21.com/2009/01/des-idees-pour-le-futur/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Howord Rheingold donne cet hiver un cours à Stanford sur le digital journalism. Pour le plus grand plaisir du reste de la planète, il est possible d&#8217;avoir accès à la page wiki du cours. On y trouve des idées très intéressantes. Mes préférées ? Le computational journalism et crash course. Ça se passe par <a href="http://socialmediaclassroom.com/digitaljournalism09/wiki/instructors-ideas-about-projects">ici</a>.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://4fois21.com/2009/01/des-idees-pour-le-futur/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Les 4 défis du journalisme web &#8211; 2e partie</title>
		<link>http://4fois21.com/2009/01/les-4-defis-du-journalisme-web-2e-partie/</link>
		<comments>http://4fois21.com/2009/01/les-4-defis-du-journalisme-web-2e-partie/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 07 Jan 2009 00:05:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexandre Cayla</dc:creator>
				<category><![CDATA[journalisme web]]></category>
		<category><![CDATA[Le nouveau journalisme]]></category>
		<category><![CDATA[MétaJ]]></category>
		<category><![CDATA[Adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[concurrence]]></category>
		<category><![CDATA[crowdsourcing]]></category>
		<category><![CDATA[environnement médiatique]]></category>
		<category><![CDATA[Jeff Jarvis]]></category>
		<category><![CDATA[Modèle d'organisation]]></category>
		<category><![CDATA[nouveaux entrants]]></category>
		<category><![CDATA[Paul Bradshaw]]></category>
		<category><![CDATA[sphère médiatique]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://4x21.wordpress.com/?p=78</guid>
		<description><![CDATA[Par Alexandre Cayla Ce billet est la seconde partie du texte sur les 4 défis du journalisme web. Dans la première partie, les deux défis sont : éviter les débats inutiles et ne pas confondre la forme (support) et la &#8230; <a href="http://4fois21.com/2009/01/les-4-defis-du-journalisme-web-2e-partie/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><strong>Par Alexandre Cayla</strong></p>
<p style="text-align:justify;"><em>Ce billet est la seconde partie du texte sur les 4 défis du journalisme web. Dans la première partie, les deux défis sont </em><em>: éviter les débats inutiles et ne pas confondre la forme (support) et la fonction journalistique. Elle se trouve <a href="http://http://4x21.wordpress.com/2009/01/06/les-4-defis-du-journalisme-web-1ere-partie/">ici</a>.</em><strong><br />
</strong></p>
<p style="text-align:justify;">
<h2>Troisième défi : retrouver l’essence du journalisme</h2>
<p style="text-align:justify;">Lorsque les gens s’informent, ils veulent avoir de l’information sur des événements récents ou futurs qui sont susceptibles de les toucher. De là découle le mythe du journaliste comme « témoin professionnel » : tous ceux qui ne peuvent être présents s’informeront par son entremise. Toutefois, le journaliste n’est pas une simple « courroie de transmission », un simple relais humain plutôt que technologique : il fait le tri de tous les événements et ne rapporte que ceux revêtant une signification particulière pour son public cible. Dit autrement, si l’on considère que la société est un lieu qui se construit au travers les interactions entre ses membres et des événements, le rôle du journaliste serait de topographier l’évolution de la société humaine (d’ailleurs, ne dit-on pas que les conventions sociales sont des « limites » qui sont parfois « redessinées »  par la nouvelle génération ou par des événements particuliers ?).</p>
<p style="text-align:justify;"><span id="more-78"></span></p>
<p style="text-align:justify;">Tel un cartographe, le journaliste est celui qui dessine la carte de la société dans laquelle nous vivons. Cependant, il n’est pas nécessairement celui qui « cré » ce monde grâce à sa plume ou à son micro. Au fur et à mesure que des citoyens ou des organisations mettent du contenu eux-mêmes en ligne, la fonction de production du discours des médias d’information perd un peu de son sens. Par exemple, lors des événements de Mumbai, plusieurs voyageurs armés de comptes twitter ou flikr et de téléphones portables ont rapporté plus d’informations que certains journalistes armés de leur caméra. Grâce à cette technologie, ceux qui suivaient le fil #Mumbai ont pu avoir un portrait en temps réel de la situation et des informations plus précises sur leurs proches : à la suite des événements le New York Times rapportait qu’une communauté juive avait appris la mort de leur rabin grâce à twitter. Ainsi, le journaliste-cartographe doit d’abord savoir que ces informations existent, les mettre en relation et rediriger ses visiteurs vers la source première. Le Drudge Report (comme Digg et Techmeme) se concentre presque exclusivement sur cette fonction de topographie et il obtien un joli succès. Évidemment, les médias d’information doivent continuer de produire du contenu, mais surtout lorsqu’il y a un manque où qu’une expertise particulière est nécessaire. Le reste peut être « crowdsourcé ».</p>
<p style="text-align:justify;">Plusieurs professeurs de journalisme anglo-saxons (Jeff Jarvis de Buzzmachine et Paul Bradshaw du Online Journalism Blog) proposent différentes manières de concevoir le nouvel écosystème médiatique en émergence. Pour Jeff Jarvis, c’est la perte du monopole des médias de masse sur le discours public qui est l’élément fondamental de ce changement. Internet a transformé l’acte de s’informer en activité active (je fais le tri entre plusieurs sources) plutôt que passive (je reçois des nouvelles comme des produits finis) et permet de le faire auprès de plusieurs sources. Il appelle cette nouvelle configuration la press sphere ou la sphère informationnelle. Selon lui, le journalisme n’est plus un produit, mais un processus. La nouvelle n’est plus qu’une étape dans une succession ininterrompue de mise à jour, d’ajouts, d’observations. Les nouvelles et les sujets deviennent des « molécules qui attirent des atomes » avec chaque acteur (observateur, professionnel, citoyens, experts, politiciens) ajoutant une information, rajoutant des détails à la carte, si l’on veut. Le journaliste est plus coordonnateur que producteur.</p>
<p style="text-align:justify;">Paul Bradshaw, de Onlinejournalismblog.com et professeur à la Birmingham City University, avance plutôt l’idée d’un « journalisme distribué ». Selon lui, beaucoup de contenus et d’informations faiblement différenciés sont déjà disponibles. Le journaliste ne peut plus justifier son rôle de « courroie de transmission » et, par conséquent, doit se placer au-dessus de celle-ci. Cela implique qu’il doit délaisser un aspect, le contenu, pour en prioriser un autre : la communauté. Cela se fait en mettant en place des systèmes de collaboration et des outils pour encourager la participation des différents acteurs : le cerveau (expert), la voix (communicateurs hors pair), les oreilles (ceux qui savent), le journaliste accidentel (le citoyen avec sa caméra ou son téléphone cellulaire), le « valorisateur » (quelqu’un qui connait beaucoup de détails et les subtilités sur des sujets précis), le technicien (capable de présenter de l’information de manière originale, en mashup, par exemple) et la foule.</p>
<p style="text-align:justify;">Même si cela semble assez abstrait, il existe déjà quelques exemples québécois où des internautes ont corrigé des journalistes. Par exemple, lors de l’annonce en mai 2007 que la firme Morgan Stanley créer 500 emplois bien rémunérés (60 000 $ et plus) dans la métropole québécoise, l’histoire avait fait grand bruit. Sur son blogue, Sophie Cousineau, journaliste à la Presse affaires, avait parlé de « coup fumant » de Jean Charest alors en campagne pour se faire réélire. Or, deux jours plus tard, elle fait son mea culpa : 200 des 500 emplois existent déjà et c’est un internaute dénommé « v-go » qui lui a mis la puce à l’oreille !</p>
<p style="text-align:justify;">Un autre exemple provenant d’un autre blogue cyberpresse, celui de Richard Hétu. M. Hétu a l’habitude de faire des liens et d’envoyer ses lecteurs vers des articles en anglais. Toutefois, comme une partie de ses lecteurs ne lisent pas la langue de Shakespear, des extraits traduits en français sont disponibles sur son blogue. Initialement, M. Hétu s’acquittait de cette tâche. Aujourd’hui, c’est un certain « yvonthivierge » qui s’en charge souvent (ici, par exemple). Dans les deux exemples précédents, des inconnus ont permis au journal d’accroître sa valeur et sa fiabilité, et ce, sans demander quoi que ce soit en retour.</p>
<p style="text-align:justify;">Selon Journalism.org, nous sommes passés d’une culture du discours à une culture de la réponse. Que l’information recherchée soit produite par le guide lui-même ou par d’autres n’a pas tant d’importances tant qu’elle permet d’obtenir une réponse. Face à la surabondance d’informations qui existe, l’internaute ne sait pas toujours où se trouve l’information qu’il cherche. Par conséquent, il se fiera à des intermédiaires pour lui dire où se trouve l’information qui l’intéresse; des guides qui le « redirigeront ». L’acte de dresser une carte est un processus continu. Par conséquent, il s’adapte très bien au médium « de mouvement » qu’est Internet. La valeur du guide provient du fait qu’il connait le plus grand nombre de « repères » et, pour se faire, il doit chercher à coaliser et à créer des communautés qui l’informeront des derniers développements. Le meilleur guide est toujours celui qui est à l’affut des dernières tendance et réceptif aux commentaires des personnes qui ont suivi ses conseils. Il en est de même pour le journalisme.</p>
<h2>Quatrième défi : imiter Barack Obama</h2>
<p style="text-align:justify;">On a beaucoup parlé de l’importance d’Internet dans la campagne présidentielle de Barack Obama, notamment en ce qui concerne les « microdons ». Cependant, ce qui l’on a moins bien compris est que la véritable force de cette campagne n’était pas d’avoir « maîtrisé Internet », mais plutôt d’avoir tenu compte des caractéristiques propres au médium dans sa stratégie de communication globale. Internet n’était pas un autre lieu où « pousser du contenu », mais bien un médium équivalent aux autres qui influence la manière de diffuser un message. Par exemple, durant les primaires de la présidentielle, les propos de son ancien pasteur, Jermiah Wright, ont fait la nouvelle pendant plusieurs jours. À Philadelphie, celui-ci a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a fait un discours marquant sur la race en Amérique. Cette vidéo a été rendue disponible en ligne et le reste bien après que le cycle médiatique traitant de la question soit terminé. Elle est encore disponible aujourd’hui et a été vu plus de 5.5 millions de fois sur YouTube. La même stratégie a été utilisée pour son « publireportage » d’une demi-heure diffusé quelques jours avant le vote final. Première leçon : le rapport au temps est différent et la durée de vie d’un contenu varie d’un support à l’autre. Sur Internet, cette durée n’a pas de limites, rendez-le disponible pour bénéficier de l’effet de la longue traine.</p>
<p style="text-align:justify;">Aussi, vers la fin de la course à la Maison Blanche, le ton devenait de plus en plus acrimonieux. Plutôt que de se contenter de déconstruire les allégations du camp McCain par l’entremise des médias traditionnels, un site Internet dédié a été créé : fightthesmears.com. Ceci a permis aux partisans de Barack Obama de s’informer sur la question, d’en parler avec leurs amis et de contre-attaquer avec beaucoup plus de force. Cela a même permis de changer le discours des médias d’information sur ces questions. Deuxième leçon : le faible coût du stockage sur Internet permet d’aller au fond des choses contrairement à un contexte « traditionnel » où les limites techniques (nombre de caractères par page de journal, temps d’antenne limité, par exemple) forcent les acteurs (et les journalistes) à prioriser les messages à communiquer. Sur Internet, le coût de stockage et de diffusion est ridiculement bas.</p>
<p style="text-align:justify;">Ensuite, sur Internet, il n’y a pas qu’un public. Par conséquent, l’idée de « portail » est désuète. Il faut cibler les communautés qui seront réceptives à son message où elles se trouvent. En plus d’être sur Facebook et MySpace, Barack Obama se trouvait sur une pléthore de réseaux sociaux (voir la liste dans la barre de droite). De plus, les SMS étaient une autre manière de rejoindre un public dispersé. Sur cet aspect, les médias d’information québécois (Radio-Canada, Cybperesse) ne sont pas trop en retard puisqu’ils offrent déjà des flux RSS et des « widgets », des courriels et des nouvelles sur téléphone portable. Les réseaux sociaux ne sont pas encore considérés comme des terres d’accueil intéressantes malgré le fait qu’ils permettent aux jeunes d’échanger et de développer une relation avec la marque.</p>
<p style="text-align:justify;"><em>Cette dernière section n’est pas directement liée aux « enseignements de Barack Obama ». Cependant, elle est tributaire d’une vision du web similaire. </em></p>
<p style="text-align:justify;">L’hyperlien est un des fondements d’Internet. Cependant, il est gravement sous-utilisé. Grâce à lui, il est possible pour l’internaute de se rendre où il veut. Par conséquent, l’idée qu’une « expérience d’utilisation unique » existe est caduque. Par exemple, il est possible de proposer plusieurs versions du même texte (brève, court, long). Celui qui veut un survol peut se contenter d’une brève, celui qui désire en savoir plus peut suivre un lien pour lire l’article long. En plus d’augmenter la satisfaction, cela permet à l’entreprise d’augmenter le temps passé sur le site et, par extension, le temps d’exposition du lecteur aux différentes publicités. C’est ce que l’on pourrait appeler du « database journalism».</p>
<p style="text-align:justify;">L’archivage, les metainformations et la division du contenu et du contenant sont à la source de la propriété la plus intéressante du web : le mash-up. Jusqu’à maintenant, les archives des journaux sont des « passives » : elles sont utilisées par les journalistes pour se faire une tête ou, sinon, elles génèrent quelques revenus lorsque des lecteurs paient pour y faire des recherches. Cependant, il est rare qu’elles soient à l’origine de « nouvelle valeur ». Par exemple, il est rare de voir d’anciens articles « réactualisés » (en étant hyperliés aux nouveaux) lorsque leur sujet redevient d’actualité. En mettant à la disposition des lecteurs/utilisateurs des outils pour qu’ils puissent créer leurs propres liens entre articles, les partager et faire leurs propre « mash-up », les entreprieses de presse pourraient transformer leurs sites en « plateformes » et donc se trouver au centre de toutes ces activités. Ce changement de paradigme a des conséquences économiques intéressantes. Par exemple, si les utilisateurs commencent à stocker « leur » contenu, il serait possible de mettre en place un modèle « freemium » (service de base gratuit, payant pour avoir plus d’espace de stockage). Tout ceci sans que la réputation de la marque ne soit affectée négativement. En effet, ce n’est pas parce qu’un contenu est disponible par l’entremise d’un service qu’il est cautionner par celui-ci. Revenant à l’idée du journaliste comme guide/répartiteur seul le meilleur contenu recevrait un endossement de la part de l’organisation médiatique.</p>
<h2>Conclusion</h2>
<p style="text-align:justify;">Les 4 défis peuvent se résumer ainsi : il faut éviter les débats inutiles, au sein des nouveaux acteurs du web se trouvent des sources, des experts, des personnes qui méritent d’être écoutées. Soyez amis plutôt qu’ennemi. La fonction journalistique n’est pas liée à la forme. Cependant, chaque médium permet de diffuser un message d’une manière différente. Utiliser les hyperliens, envoyez vos lecteurs au loin (ils reviendront), cherchés à bénéficier de l’effet de la longue traine. Finalement, placez-vous au-dessus du contenu plutôt que dedans. La fonction première du journaliste est de dire ce qui se passe, pas de l’écrire ou de l’enregistrer.</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://4fois21.com/2009/01/les-4-defis-du-journalisme-web-2e-partie/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>2</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>

